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Les familles monoparentales

Le nombre des familles monoparentales augmente en effet régulièrement. Actuellement 1,5 million de ménages avec au moins un enfant est monoparental. 22%, soit plus d’une famille sur cinq. 16% des enfants. Dans 85% des cas, le parent est une femme[1] si bien que nous évoquerons ici plus spécialement la question sous l’angle de la femme. Il ne faudrait néanmoins pas oublier les hommes qui ont parfois la garde des grands enfants. Les familles monoparentales peuvent avoir plusieurs origines : personnes ayant vécu en couple mais ne vivant pas sous le même toit que le conjoint, divorcées ou veuves, ou encore, personnes n’ayant jamais vécu en couple.

Ouvrons une parenthèse pour relever que selon L’INSEE, « en 2011, 8 % des parents de famille monoparentale vivant avec au moins un enfant mineur ont un conjoint résidant hors du logement, soit 130 000 personnes dont 79 % de femmes ». L’INSEE précise que l’étude servant de support à leur article « ne permet pas de connaître la raison pour laquelle les parents de famille monoparentale ayant un conjoint ne résident pas avec lui ». A côté de raisons professionnelles ou d’hospitalisation, est-il interdit de penser que la difficulté à « connaître ces raisons », pourrait être aussi qu’un certain nombre de cas recouvrirait une forme de polygamie déguisée ? Mais si c’est le cas, cela reste encore très minoritaire.

 

Il est hasardeux de faire rentrer des situations personnelles si diverses et le plus souvent douloureuses dans des catégories, néanmoins, pour essayer de cerner un peu la réalité, nous essaierons de démêler quelques causes afin de prévenir les effets.

Qu’est-ce qui a bien pu provoquer l’explosion de ce mode de vie qui concerne aujourd’hui tant de femmes au point que la politique familiale doive se recentrer autour d’elles ? Michel Pinton[2], en traitant plus généralement de la condition féminine aujourd’hui a très bien montré que c’était la face noire d’un féminisme qui se veut triomphant mais qui se retourne contre lui-même si bien que les  femmes de milieux modestes qui payent parfois très cher la « libération » de la femme et son indépendance revendiquée :

 

« D’un côté, se trouvent des privilégiées dont les diplômes universitaires, les revenus, les relations de travail leur assurent une grande indépendance de vie. La rivalité avec les hommes ne leur est pas défavorable. Elle les stimule plutôt. La solitude matrimoniale ne les effraie pas. Quand elle n’est pas voulue, elle cesse rapidement. […] A l’inverse, les femmes sans diplômes, sans ressources propres, sans possibilité d’ascension sociale, se sentent plus victimes que bénéficiaires de l’émancipation que le gouvernement leur offre. La contraception et l’avortement leur donnent, certes, un pouvoir discrétionnaire sur la vie de leurs enfants à naître mais, en contrepartie, la création d’une famille, le mariage, la contribution du père à l’éducation des mineurs, sont des choix qui relèvent exclusivement du bon vouloir masculin. Or ces femmes ont un besoin impérieux de partager avec un conjoint des charges trop lourdes pour elles seules. L’instabilité des couples, le foyer monoparental, la dérobade des hommes, sont des défis faciles à relever dans les catégories aisées ; mais ils renvoient les femmes défavorisées en bas de l’échelle sociale où elles forment la majorité des exclus et des marginalisés ».

 

On ne peut que constater que la libéralisation des mœurs et la répudiation à la carte apparaît ici comme une régression de la condition féminine.

 

Il nous faut mentionner aussi qu’il n’est malheureusement plus rare que des femmes décident qu’elles veulent un enfant mais sans le père qui va généralement avec : elles « se font faire » un enfant, et puis « larguent » le père sans façon. La société, vache à lait complaisante, remplace le père.

C’est l’effet pervers de l’assistance inconditionnelle aux familles monoparentales qui rend, pour un nombre non négligeable de femmes cet état enviable par le statut social qu’il leur confère ainsi qu’un revenu assuré par les allocations et les aides diverses. Ceci n’étant plus contrebalancé par une sorte de réprobation sociale quelque peu dissuasive. Il s’agit souvent de très jeunes femmes de milieu modeste et vivant dans un contexte familial déjà déstabilisant.

 

 

Il y a là un réel problème : d’un côté la charité, la solidarité, le respect de toute vie, la compassion pour les êtres en difficulté, le souci légitime des enfants nous invitent tout naturellementà aider ces familles (Rappelons le chiffre cité p.6 : 41,6% de taux de pauvreté chez les enfants de familles monoparentales,contre 19,6%  pour l’ensemble des enfants).

 De l’autre, comment éviter les effets pervers de cette assistance ?  Comment, en l’absence de tout critère moral, éviter que cette aide ne soit vue comme une approbation, voire un encouragement à des comportements lourds de conséquences ? Et finalement n’aboutisse à les multiplier ?

 

Faut-il vraiment se résigner à cette explosion des familles monoparentales et se contenter de gérer le désastre en donnant toujours plus, ou bien n’y aurait-il pas plus de sagesse à envisager une sorte de révolution culturelle pour encourager au mariage et à son partage des responsabilités et voir ainsi diminuer ces cas de détresse indignes d’une société évoluée ?



[1] INSEE Première Mars 2015

[2] Les Femmes des milieux défavorisés victimes de la « Libération » de la femme - Michel Pinton, ancien député européen, administrateur de Famille et Liberté