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Mariage en tous genres par Tony Anatrella

Tony Anatrella a ajouté un livre à son excellente série, un livre encore une fois au plus près de l’actualité : Mariage en tous genres, chronique d’une régression culturelle annoncée.

Evidemment, sur le sujet, tout semble avoir été dit et l’on hésite à lire à nouveau 150 pages sur ce thème.  Il est vrai que ce livre traite de choses déjà connues mais Tony Anatrella va comme chaque fois au fond des choses avec un talent certain de pédagogue et l’on trouvera de nouvelles pistes de réflexion.

Nous citerons ici simplement quelques-unes de ses formules :

L’homosexualité « se présente comme une heureuse alternative entre deux hommes ou entre deux femmes là où les relations entre les hommes et les femmes deviennent compliquées et aboutissent à des échecs. Alors on préfère se retrouver entre soi. »

« La multiplication des divorces a contribué à faire oublier que le mariage représente l’alliance des sexes qui évite la guerre des sexes ».

Dans plusieurs passages, l’auteur aborde le refus du réel au profit d’un monde imaginaire et ses conséquences.  Après avoir rappelé la distinction de Lacan entre « L’imaginaire qui est l’espace des désirs impossibles, le réel qui est celui de l’intangible (comme la différence des sexes et la différence sexuelle) et la réalité où peut se mettre en œuvre ce qui est seulement tenable »,  il s’interroge sur l’opportunité de «définir la famille à partir des accidents de la vie ou à partir des attitudes imaginaires et fantasmatiques plutôt qu’en fonction du réel de l’homme et de la femme ? » Et il dénonce le nominalisme qui « joue sur les mots pour masquer le réel ».

Il est persuadé que « le sursaut de la société passera par la culture de la famille » et s’insurge contre l’expression devenue courante de « famille traditionnelle » : « Il n’y a que la famille qui est potentiellement présente dans la conjugalité le jour où un homme et une femme décident de s’engager dans le mariage. » Les autres situations sont des avatars de ce fondement et Anatrella déplore l’abandon  d’une politique familiale « au bénéfice de mesures sociales ».

L’auteur voit l’une des « sources de la délinquance juvénile (dans) le refus et l’élimination du père (qui) laisse les enfants seuls avec la mère et la femme dans une société dont l’éducation reste matriarcale et propice aux relations fusionnelles et indifférenciées. »

Une explication à ces bouleversements ? « La situation affective de bon nombre de personnages politiques est loin d’être claire […] Le climat affectif dans lequel ils sont ne les prédispose pas toujours à savoir aborder les questions relatives au mariage et à la famille avec le recul, la sérénité, l’intelligence et la connaissance de la matière elle-même. […] ils conçoivent la loi à travers le besoin d’auto-justifier leurs propres comportements dans ce qu’ils ont de plus problématique. […] Peut-on légiférer lorsqu’on méconnait l’Histoire et les enjeux anthropologiques du mariage ? Peut-on légiférer quand on est soi-même allergique à l’idée du mariage et encore prisonnier d’un complexe paternel ? Peut-on légiférer à partir de ses névroses affectives sans savoir prendre les distances nécessaires ? »

Pour conclure, à propos du « mariage pour tous » et de ses conséquences, Tony Anatrella parle de «  mensonge social d’Etat ».

 

 Echelle de Jacob, 150 p., 16,50€

 

Claire de Gatellier