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Sidaction 2006

Sidaction 2006

M. Bertrand, ministre de la Santé, a annoncé à l’occasion du Sidaction que des distributeurs de préservatifs seront installés dans tous les lycées, toutes les universités et les grandes écoles à la rentrée 2006, au prix maximum de 20 centimes.

En faisant cette annonce, le ministre a souligné qu’il s’agissait d’un effort particulier « pour faire reculer la discrimination » en matière de prévention.

Le groupe de travail sur la politique de prévention du sida, animé par le professeur Henri Lestradet, que nous avions formé il y a dix ans avait estimé que l’usage du préservatif divise par six le risque de contamination. L’initiative de M. Bertrand, qui constitue objectivement pour les lycéens de moins de dix-huit ans une incitation de mineurs à la débauche, aura nécessairement pour effet d’encourager certains d’entre eux, mineurs ou non, à multiplier les prises de risques.

Sera-ce par moins de six, auquel cas le préservatif à 20 centimes aura un effet globalement positif, ou par plus de six, et alors l’effort particulier de M. Bertrand se traduira par un accroissement du nombre des contaminations ? Voilà la question que M. Bertrand et ses prédécesseurs au ministère de la Santé auraient dû se poser. Ils ne l’ont apparemment pas fait, alors que toutes les conditions étaient réunies, avant que la généralisation et la démocratisation annoncées ne rendent plus difficiles les comparaisons.

En tout cas, la progression des contaminations, passées, en France, de 6000 en 2004 à 7000 en 2005 ne démontre pas la pertinence de la politique de prévention suivie depuis vingt ans.

Les ministres penseraient-ils alors, avec Sade, que l’homme n’a « aucun désir de troubler un gouvernement qui lui assure aussi complaisamment tous les moyens de sa concupiscence. » ? Si tel est le cas, je ne suis même pas sûr qu’ils aient raison.