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La vérité sur le SIDA

Le préservatif est-il infaillible ?

En décembre 1995, année de création de l’association, Famille et Liberté publiait un rapport intitulé La politique de prévention du sida en France, résultat des travaux d’un groupe réunissant le Recteur Pierre Magnin, président de l’association, et les professeurs Michel Arthuis, Pierre Canlorbe, Didier-Jacques Duché, Henri Lestradet et Denys Pellerin, membres de l'Académie de médecine.

Le rapport dénonçait les risques que la politique du tout préservatif, qu’exprimait le slogan «avec la capote je suis couvert» suivie, nonobstant de faibles dénégations, par les pouvoirs publics faisait courir au plan individuel à ceux qui s’y fiaient et au plan épidémique à la collectivité.

Cette dénonciation n’ayant eu aucun écho dans les milieux officiels – nous n’avions pas eu la naïveté d’espérer le contraire – nous ne pouvons qu’être satisfaits qu’elle ait été reprise par Benoît XVI lors de son voyage en Afrique. 

Au journaliste qui lui disait, à propos de la diffusion du sida en Afrique, «La position de l'Eglise catholique sur la façon de lutter contre celui-ci est souvent considérée comme n'étant pas réaliste et efficace. Affronterez-vous ce thème au cours du voyage ?», Le pape a répondu :

«Je dirais qu'on ne peut pas surmonter ce problème du sida uniquement avec de l’argent, pourtant nécessaire. Si on n'y met pas l'âme, si les Africains n'aident pas [en engageant leur responsabilité personnelle], on ne peut pas résoudre ce fléau par la distribution de préservatifs: au contraire, ils augmentent le problème.»

Le problème évoqué est celui de l’exposition des Africains au virus et la promotion du préservatif augmente évidemment, puisqu’avec la capote je suis couvert, le nombre de ceux qui s’exposent, en multipliant le nombre de partenaires ou en s’adonnant aux pratiques à risque.

Si cette promotion du préservatif augmente le nombre de personnes exposées augmente-t-elle pour autant le nombre de personnes contaminées ? Alors que le pape ne s’est pas prononcé sur ce point, ses détracteurs feignent de croire le contraire, et peut-être le croient-ils, tant ils semblent avoir perdu la raison.

A l’affirmation qu’ils lui prêtent que le nombre de contaminations ne peut qu’augmenter avec la promotion du préservatif, ils objectent qu’il ne peut que diminuer. En réalité, ils n’en savent rien et pour donner quelque vraisemblance à leur affirmation ils s’ingénient à gonfler les performances du préservatif.

C’est ainsi que, dans une Lettre ouverte à Benoît XVI, publiée dans Le Monde du 24 mars 2009, Françoise Barré-Sinoussi, lauréate du prix Nobel de médecine, le directeur de l’Agence nationale de recherche sur le sida et deux dirigeants de Sidactionlui reprochent, sa déclaration, qui «relève d’un cynisme insupportable» ; d’avoir une position sur la question «dangereuse pour l’humanité»; d’être associé par sa position «évidemment idéologique [.] à ceux qui portent sur la conscience une lourde responsabilité», en le comparant à l’ancien président d’Afrique du Sud, dont la négation de rôle du VIH aurait entraîné la mort de près de 300 000 personnes.

Les signataires concluent que si le destinataire de leur courrier avait consulté les experts les plus éminents, il aurait évité « cette prise de position aux conséquences dramatiques », pour conclure, charitablement : « Il est encore temps de revenir sur vos propos ».

Ayant laissé libre cours à leur indignation que disent les signataires sur le fond et quelles sont leurs références ?

Premièrement que la déclaration papale est contredite par les résultats de vingt-cinq ans de recherche scientifique qui montrent que le préservatif est une barrière imperméable aux agents infectieux sexuellement transmissible.

Deuxièmement que les études sur la transmission au sein d’un couple démontrent « de manière irréfutable que l’utilisation régulière du préservatif permet de réduire d’au moins 90% le risque de transmission du VIH ».

Qu’en est-il de ces affirmations ?

La note d’information que l’on trouve sur Internet actualisée en 2004 dit bien que le préservatifs sont imperméables au virus, mais précise que pour que leur efficacité soit assurée ils doivent être fabriqués conformément aux standards internationaux les plus élevés, selon les normes de qualité établis par les organismes ad hoc et stockés à l’abri de la chaleur. Ce n’est pas tout à fait ce qu’ont écrit les signataires.

Affirmer que le caoutchouc, dans des conditions normales est imperméable n’est ni suffisant ni, à vrai dire, nouveau. Le texte de la conférence d’Atlanta porte la même appréciation mais ajoute que les défaillances du préservatif par rupture ou glissement représentent 3% des actes et que les études dans le temps de couples dont l’un des partenaires est séropositif font apparaître que l’usage du préservatif réduit de 85% les risques de contamination du partenaire indemne et non pas d’au moins 90%, comme l’écrivent (par distraction ?) les signataires.

C’est évidemment ce chiffre de 85% qui mesure la protection apportée par le port du préservatif et non celui de 100% pour l’imperméabilité mesurée en laboratoire de préservatifs répondant aux normes imposées, ni celui de 97% qui mesure leur résistance.

A ce chiffre de 85%, correspond celui de 15% qui représente le nombre de cas où il ne joue pas ce rôle. Dans notre rapport de 1995, nous estimions, sur la base d’éléments très partiels, ce risque à 17%. En résumé, d’après l’étude citée par les signataires, et non d’après le chiffre qu’ils ont cru y lire, l’utilisation régulière du préservatif divise le risque par un nombre compris entre 6 et 7. A titre de comparaison le risque attaché à la roulette russe, avec un revolver à six coups, est de 16 %.

Cette réduction est certes importante, mais elle est moins importante que le risque aggravant que font courir les pratiques à risque ou les populations à risque.

Il résulte de ces considérations que, selon les comportements des individus et la proportion de personnes atteintes dans une population, la promotion du préservatif aura, à court terme et à long terme des effets opposés. Son usage réduira fortement le taux de contamination dans un cas comme celui de la Thaïlande, cité dans la note d’information, où le recours à la prostitution est très répandu, en convertissant au préservatif les prostituées et leurs clients.

Pourquoi n’est-il pas permis de penser que ce ne serait sans doute pas le cas dans des pays opposés aux relations sexuelles précoces et attachés à la fidélité conjugale, comme le dit clairement la note d’information, alors que les signataires parlent vaguement «de mesures individuelles de réduction des risques» ?

Comment expliquer sinon que les pays d’Afrique subtropicale en majorité catholiques soient moins touchés que les autres par le sida et par sa progression, alors qu’ils devraient, selon les raisonnements ubuesques que l’on entend tous les jours, être les plus touchés, puisque censés, par obéissance au pape, pratiquer le vagabondage sexuel sans protection ?

Lettre 56 – mars 2009

LA VÉRITÉ SUR LE SIDA

Les responsables de la Santé Publique, le Conseil Supérieur du Sida, les multiples associations relayées par la presse, la radio, la télévision, enseignent depuis plusieurs années le dogme de la fiabilité absolue du préservatif et pensent que seul l'usage systématique et généralisé de celui-ci lors de tout rapport sexuel permettrait de maîtriser le fléau.

Or le Professeur Montagnier présentant le 20 juin 1995 le rapport de la Commission sur les maladies sexuellement transmissibles et le sida, de l'Académie Nationale de Médecine, apporte sur ce sujet fondamental des informations beaucoup plus nuancées. Ce rapport qui vient d'être publié au début d'octobre (1) donne les recommandations suivantes: «Les mesures qui doivent être appliquées sont celles qui sont suggérées en général pour la lutte contre la diffusion des maladies sexuellement transmissibles: à un double titre, contre la transmission du virus lui-même, et contre les autres maladies sexuellement transmissibles, du fait du rôle important que celles-ci jouent dans la transmission du VIH. Elles consistent à éduquer afin de responsabiliser les comportements: recommander la monogamie réciproque, souligner le danger des rapports trop précoces et celui de multiplier les partenaires notamment chez les jeunes... ». « Le risque accru du premier rapport par le saignement dû à la défloration doit faire l'objet d 'informations bien définies en milieu scolaire et universitaire ».

Le texte par ailleurs insiste sur le fait que « les mécanismes de l'infection par voie anorectale et par voie vaginale sont tout à fait différents ». « Le risque de transmission à la femme par un seul rapport vaginal a été estimé à environ 0, 7/1000 lorsque le partenaire est asymptomatique ». Par contre, du fait de la grande fragilité de la muqueuse rectale, « on peut considérer que le risque de la transmission anorectale se rapproche de celui d'une inoculation intraveineuse du virus ».

C'est donc dire que « le risque est maximum pour des rapports sodomiques (anorectaux) aussi bien pour la femme que pour l 'homme passif ». « A défaut de changement de comportement, l'utilisation du préservatif est la meilleure des protections actuelles .... réduisant le risque de transmission du virus par un facteur 10 ».

S'il est vrai que diviser par 10 fait tomber pratiquement à zéro le risque de contamination dans les rapports vaginaux des couples stables, il n'en est plus du tout de même dans d'autres situations et tout spécialement dans la défloration et dans la sodomie. Nous recommandons très vivement aux responsables de notre pays de lire attentivement ce rapport et d'en tirer toutes les conséquences.

Professeur Henri Lestradet

(1) Bulletin de l'Académie Nationale de Médecine, 1995, 179, n° 6