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La majorité au pouvoir dans notre pays avait clairement manifesté son intention de continuer en 2014 le travail de bouleversement de la société entrepris l'an dernier avec l'ouverture du mariage et de l'adoption aux personnes de même sexe. La famille, qui est le principal obstacle à la réalisation de ses projets, restait la cible prioritaire de ses attaques.

 

Le récent recul du gouvernement, avec le report du projet de loi sur ou plutôt contre la famille, est dû, personne ne le conteste, au succès des manifestations qui se sont succédées depuis le début de l'année.Mais recul ne veut pas dire renoncement. L'ouverture de la Procréation Médicalement assistée et de la Gestation Pour Autrui aux homosexuels, différée pour des raisons électorales, n'est pas pour autant abandonnée par ses promoteurs; la volonté de décider à la place des intéressés la répartition des tâches au sein du couple et celle de substituer l'Etat aux parents en tant que responsable de l'éducation des enfants demeurent, tout comme celle de priver les familles de toute autonomie financière par le biais d'un alourdissement de la fiscalité.    photo claire dec 2013 FL

 

 

Ne nous faisons pas d'illusions : il faudra encore descendre dans la rue. Nous soutiendrons, comme nous l'avons fait jusqu'à présent, les manifestations visant exclusivement  la défense de la famille ou l'inscrivant dans un cadre plus large.

 

Cependant, les manifestations, si nécessaires qu'elles soient ne suffisent pas à retourner d'une façon durable l'opinion publique. Ainsi une petite minorité activiste a su faire admettre par près de la moitié de nos compatriotes comme une chose naturelle l'ouverture du mariage et de l'adoption aux homosexuels, chose inimaginable il y a moins de vingt ans.

 

Devant le tribunal médiatique, il ne suffit pas d'avoir raison, il faut en apporter les preuves; il ne suffit pas d'être de bonne foi, il faut démontrer la mauvaise foi de l'adversaire.

 

C'est à ces tâches que Famille et Liberté consacre son action. C'est ainsi que nous avons produit ou traduit des études :

 

  • Sur les limites et les risques d'une politique de prévention du sida fondée sur la promotion du seul préservatif, comme c'est malheureusement le cas de part des autorités sanitaires de notre pays.
  • Sur les conséquences négatives pour les enfants qui en ont été l'objet d'une éducation dans un foyer d'homosexuels et sur les erreurs, volontaires ou non, des études qui aboutissent à des conclusions positives.

 

Alors que les partisans de l'"homoparentalité" ont mené ou commandité, principalement aux Etats-Unis, un nombre considérable d'études, largement exploitées en France et ailleurs, comparant les enfants élevés par des homosexuels et les autres, trop peu d'efforts ont été faits pour analyser ces études, très critiquables sur le plan scientifique, et pour en conduire d'autres sur des bases objectives.

 

La prise de conscience progressive par les professionnels de l'enfance des inconvénients d'une éducation par des personnes de même sexe n'a pas été suffisamment mise en valeur.

 

Enfin, il aurait fallu, et il faudra plus réfléchir au fait que l'avance dans les domaines culturel, technique et économique de la civilisation européenne sur les civilisations anciennes et les autres civilisations contemporaines ne peut s'expliquer que par leur seule différence fondamentale qui est celle  de l'organisation de la famille, créée par la seule libre volonté de s'unir d'un homme et d'une femme. 

 

La politique familiale en péril

 

Jean-Marc Ayrault a déclaré que la pause fiscale, promise initialement pour 2014, ne serait effective qu'en 2015. Il a tenté de justifier l'effort supplémentaire demandé aux Français, notamment aux revenus les plus élevés pour l'an prochain par la volonté de "préserver notre modèle de solidarité".

 

Il faut s'inquiéter de la bonne conscience du Premier ministre quand il donne pour exemple de cette solidarité « le choix fait en matière de politique familiale de maintenir l'université des allocations en réduisant le quotient familial ».

 

Ignore-t-il ou fait-il semblant d'ignorer que la politique familiale de notre pays est fondée sur la solidarité entre ceux qui ont la charge d'élever des enfants qui assureront le renouvellement des générations et ceux qui n'ont pas à supporter de telles charges, tout en bénéficiant, pour leur couverture sociale et pour leur retraite, des cotisations à venir de la nouvelle génération; elle n'est pas fondée sur la solidarité entre les revenus élevés et les revenus faibles, qui relève de la politique sociale 

 

Le rabotage du plafond du quotient familial n'est pas la seule aggravation constatée de la pression fiscale sur les familles puisque les majorations de retraite attribuées aux parents d'au moins trois enfants sont devenues imposables. 

 

Enfin les familles sont les plus touchées par la hausse récente de la TVA, puisqu'elles consacrent aux dépenses de consommation une plus grande part de leurs revenus que les foyers fiscaux sans enfants. D'ailleurs une étude de l'INSEE sur les niveaux de vie en 2010 montre que les principaux facteurs de la pauvreté des enfants sont la situation d'emploi des parents et la taille de la fratrie

 

M. Ayrault aurait donc été mieux fondé à dire que l'effort supplémentaire demandé aux Français en 2014 l'est notamment aux familles.

 

La famille sous tutelle

 

Le choix fait par la majorité actuelle de s'en prendre aux familles est conforme à son idéologie, toute axée sur la satisfaction sans limites de pulsions égoïstes aux dépens de la famille, et à un calcul politique qui la conduit à chercher dans une immigration toujours accrue le moyen de se maintenir au pouvoir.

 

La réforme du congé parental vantée par Najat Vallaud-Belkacem, ministre des droits des femmes, illustre d'une façon caricaturale la volonté de l'Etat de régenter la vie des familles.  Alors que le congé parental, qui est de trois ans à partir de deux enfants, est pris actuellement  dans 97 % des cas par la mère exclusivement, la réforme en cours le réduira à deux ans et demi si le père n'en prend pas au moins six mois, avec l'objectif surréaliste que 25 % des pères le fassent en 2017 !

 

Paradoxalement les enfants qui entreront de ce fait plus tôt en maternelle y seront confiés à des Agentes Territoriales Spécialisées des Ecoles Maternelles dont 99 % sont des femmes !

 

Le souci d'une véritable parité entre les deux sexes, devrait respecter la liberté des couples de répartir eux-mêmes le temps qu'ils consacrent à assurer les revenus du ménage. Ce faisant, Mme Vallaud-Belkacem aurait pu s'épargner le ridicule de prétendre, en s'abritant indument sou l'autorité de l'OCDE, que l'on peut gagner 0,5 point de croissance par an pendant dix ans en résorbant l'écart ente le taux d'emploi des femmes et celui des hommes.

 

L'action du gouvernement Ayrault ne se limite pas à réduire les libertés des familles, en introduisant par exemple à l'école une morale laïque contraire en bien des points à celle de beaucoup de familles et en mettant à l'honneur la fumeuse théorie du genre.

 

M. Peillon se défend, en nous assurant même que cette théorie n'existe pas, de l'avoir introduite à l'école, tout en laissant aux syndicats, vrais maîtres de l'Education nationale, le soin de le faire à sa place. Il n'explique pas cependant pourquoi les députés de son parti au Parlement européen viennent de voter le rapport Lunacek sur l'identité de genre, alors que cette identité, en l'absence de toute réalité biologique, ne peut se fonder que sur cette fausse théorie.

 

Le projet de loi sur la famille que préparait Mme Bertinotti, pour qui « Ce n’est plus le couple mais l’enfant qui fait la famille » et qui n'est pas « dans la défense de la famille, mais dans la promotion des familles », traduisait clairement l'intention du gouvernement d'émanciper les enfants de leur famille, en leur accordant le droit de vote aux élections locales à  partir de 16 ans, sans abaisser pour autant celui de la majorité civile et pénale qui restait fixée à 18 ans.

 

Mme Rossignol, sénateur socialiste quand elle rappelle que les enfants n'appartiennent pas à leurs parents – elle n'a pas précisé si c'était dès leur conception ou seulement après leur naissance – n'a nullement le droit d'en déduire, comme elle l'a fait, que c'est à l'Etat et non à eux que revient leur éducation.

 

Le programme de Famille et Liberté

 

La magnifique mobilisation contre l'ouverture du mariage et de l'adoption aux personnes de même sexe a montré que notre camp manquait de munitions pour riposter aux arguments de nos adversaires quand, par exemple, ils prétendent que d'être élevé dans un foyer homosexuel n'est pas un handicap pour un enfant : il ne suffit pas d'avoir raison, encore faut-il en apporter la preuve.

 

Famille et Liberté s'est donné comme mission de répondre à ce besoin. Nous avons à ce titre attiré l'attention depuis plus de dix ans sur l'inconsistance des études qui prétendent le contraire.

 

Nous nous sommes en cela conformés aux intentions des fondateurs de notre association qui étaient de rassembler les arguments scientifiques qui montrent l'intérêt pour la collectivité, mais aussi pour les individus, de comportements conformes au bien commun.

 

Tel fut le cas pour nos premiers travaux sur la prévention du Sida qui ont montré les limites,  et les risques, maintenait reconnus, d'une politique fondée sur le seul préservatif.

 

Dans le cas de l'homoparentalité, nous avons assumé la traduction en français des travaux critiques du Dr Sharon Quick et de l'étude du Pr Mark Regnerus représentative du développement des jeunes adultes américains  en fonction du type de foyer où ils ont été élevés.

 

Nous allons redoubler d'efforts dans ce domaine pour enrichir notre documentation et faire la synthèse des informations disponibles sur ces « familles » qui ont la préférence du ministre de la famille.

 

La remise à plat de la fiscalité annoncée par M. Ayrault loin de favoriser des « regroupements familiaux », pour faire face aux difficultés de l'heure accentuera la dispersion des familles, en accroissant l'emprise d'un Etat omnipotent.

 

Ignorer la famille en tant que réalité économique conduira au même échec que celui  de l'économie soviétique, dont les « succès » étaient enseignés dans nos écoles de sciences politiques jusqu'à ce qu'elle s'écroule. Il en sera de même des succès obtenus à ce jour par ceux qui rêvent de détruire la famille. Il dépend de chacun de nous que ce soit le plus vite possible.

 

C'est pourquoi nous allons développer nos travaux sur l'économie familiale. Vous pouvez contribuer à cette action en nous apportant votre soutien financier, mais aussi en contribuant dans la mesure de vos possibilités à ces travaux (études, traductions, diffusion, etc.) 

 

2013 a été aussi l'année d'un début de reconquête de l'opinion publique telle qu'elle se manifeste dans les sondages. Les travaux que nous menons depuis plus de dix ans sur la question de l'homoparentalité, en dénonçant les études manipulées par ses partisans et en faisant connaître celles qui sont fondées scientifiquement, y ont contribué, me semble-t-il.

 

Nous avons l'intention de continuer dans cette voie cette année, en engageant parallèlement des travaux sur les conséquences, pour les familles et pour notre pays,  de la dégradation accélérée dans ses aspects financiers de la politique familiale qui a permis le redressement de la France après la guerre.

 

Les familles ont la "chance" d'être fortes de leurs solidarités et riches de grandes joies, même si elles ne sont pas à l'abri des difficultés et des peines. Faisons en sorte que la famille devienne de plus en plus une chance pour la France ! 

 

Claire de Gatellier

 

 

Si vous souhaitez soutenir notre action, ou y participer, vous pouvez télécharger notre bulletin et questionnaire en cliquant ici, l'imprimer et nous le renvoyer. 

 

Merci pour tout !