Nice Social Bookmark

FacebookTwitter

Programme de Famille et Liberté pour 2014

 

Madame, Monsieur et chers amis,

 

L'ouverture du mariage et de l'adoption aux personnes de même sexe a porté un coup sévère à l'institution familiale. Je vous propose d'en tirer ensemble les leçons, afin de nous préparer à faire face aux nouveaux dangers qui la menacent.

 

Les raisons d'un échec

 

La volonté, clairement exprimée par Mme Taubira, de changer la société, en réduisant la famille à n'être qu'un choix de vie parmi d'autres, explique le jusqu'auboutisme du gouvernement, bien mieux que le désir de satisfaire la revendication d'un droit au mariage intéressant fort peu de monde au sein de la minorité homosexuelle.

 

C'est pourquoi M. Hollande, devant des manifestations pour la famille comparables à celles de 1984 pour l'école libre, a choisi d'en ignorer l'importance et d'employer la police à des fins politiques contre les manifestants, au lieu de retirer le projet, comme l'avait fait le président Mitterrand, dont il n'a, peut-être, ni l'habileté, ni le même sens de l'Etat.  

 

Alors que les partisans de l'"homoparentalité" ont mené ou commandité, principalement aux Etats-Unis, un nombre considérable d'études, largement exploitées en France et ailleurs, comparant les enfants élevés par des homosexuels et les autres, trop peu d'efforts ont été faits pour analyser ces études, très critiquables sur le plan scientifique, et pour en conduire d'autres sur des bases objectives.

 

La prise de conscience progressive par les professionnels de l'enfance des inconvénients d'une éducation par des personnes de même sexe n'a pas été suffisamment mise en valeur.

 

Enfin, il aurait fallu, et il faudra réfléchir au fait que l'avance de la civilisation occidentale, dans les domaines culturel, technique et économique, sur les civilisations anciennes et les autres civilisations contemporaines ne peut s'expliquer que par leur seule différence fondamentale qui est celle de l'organisation de la famille.

 

La politique familiale en péril

 

Jean-Marc Ayrault a déclaré le 17 septembre que la pause fiscale encore promise un mois plus tôt pour 2014 ne serait effective qu'en 2015. Il a tenté de justifier l'effort supplémentaire demandé aux Français, notamment aux revenus les plus élevés pour l'an prochain par la volonté de "préserver notre modèle de solidarité".

 

Il aurait été mieux fondé à dire que l'effort supplémentaire qui sera demandé aux Français en 2014 le sera notamment aux familles.

 

Il faut s'inquiéter en effet de la bonne conscience du Premier ministre quand il donne pour exemple de cette solidarité « le choix fait en matière de politique familiale de maintenir l'université des allocations en réduisant le quotient familial ».

 

Si les prédécesseurs de M. Ayrault, d'un camp comme de l'autre, ne se sont pas privé de détourner les fonds des caisses d'allocation familiales pour les affecter à des actions sociales, et de manipuler le plafond du quotient familial, du moins était-ce au nom des nécessités de l'heure, sans prétendre : « préserver notre modèle de solidarité».

 

Aucun ne sera allé aussi loin que l'actuel Premier ministre, promettant, le 19 novembre, aux maires de France réunis en congrès : « d'étendre le financement des caisses d'allocations familiales à l'ensemble des activités périscolaires ».

 

Le rabotage du plafond du quotient familial n'est pas la seule aggravation constatée de la pression fiscale sur les familles puisque les majorations de retraite attribuées aux parents d'au moins trois enfants sont devenues imposables.

 

Enfin les familles seront les plus touchées par la hausse prochaine de la TVA puisqu'elles consacrent aux dépenses de consommation une plus grande part de leurs revenus que les foyers fiscaux sans enfants. D'ailleurs une étude de l'INSEE sur les niveaux de vie en 2010 montre que les principaux facteurs de la pauvreté des enfants sont la situation d'emploi des parents et la taille de la fratrie

 

 

La famille sous tutelle

 

Le choix fait par la majorité actuelle de s'en prendre aux familles est conforme à son idéologie, toute axée sur la satisfaction sans limites de pulsions égoïstes aux dépens de la famille, et à un calcul politique qui la conduit à chercher dans une immigration toujours accrue le moyen de se maintenir au pouvoir.

 

La réforme du congé parental vantée par Najat Vallaud-Belkacem, ministre des droits des femmes, illustre d'une façon caricaturale la volonté de l'Etat de régenter la vie des familles. Alors que le congé parental, qui est de trois ans à partir de deux enfants, est pris actuellement dans 97 % des cas par la mère exclusivement, la réforme en cours le réduira à deux ans et demi si le père n'en prend pas au moins six mois, avec l'objectif surréaliste que 25 % des pères le fassent en 2017 !

 

Paradoxalement les enfants qui entreront de ce fait six mois plus tôt en maternelle y seront confiés à des Agentes Territoriales Spécialisées des Ecoles Maternelles – à quand des Agents - dont 99 % sont des femmes !

 

L'action du gouvernement Ayrault ne se limite pas à réduire les libertés des familles, en introduisant par exemple à l'école une morale laïque contraire en bien des points à celle de beaucoup de familles et en mettant à l'honneur la fumeuse théorie du genre.

 

L'ouverture du mariage aux personnes de même sexe montre une volonté du pouvoir d'aller bien au-delà de la confrontation entre ceux qui veulent plus d'Etat et ceux qui en veulent moins, pour remettre en cause les fondements mêmes de notre société.

 

Les nominations de personnalités toutes acquises à l'accès des homosexuelles à la Procréation Médicale Assistée lors du récent renouvellement du Comité national d'éthique montrent que sa promesse de consulter cet organisme avant de légiférer n'était pas plus sérieuse que sa promesse vite oubliée de respecter la liberté de conscience des maires pour le mariage homosexuel.

 

Le projet de loi sur la famille que prépare Mme Bertinotti, pour qui « ce n’est plus le couple mais l’enfant qui fait la famille » et qui n'est pas « dans la défense de la famille, mais dans la promotion des familles », traduit clairement l'intention du gouvernement d'affranchir les adolescents de leur famille, en leur accordant le droit de vote aux élections locales à partir de 16 ans, sans abaisser pour autant celui de la majorité civile et pénale qui restera fixé à 18 ans.

 

Le programme de Famille et Liberté

 

La magnifique mobilisation contre l'ouverture du mariage et de l'adoption aux personnes de même sexe a montré que notre camp manquait de munitions pour riposter aux arguments de nos adversaires quand, par exemple, ils prétendent que d'être élevé dans un foyer homosexuel n'est pas un handicap pour un enfant : il ne suffit pas d'avoir raison, encore faut-il en apporter la preuve.

 

Famille et Liberté s'est donné comme mission de répondre à ce besoin. Nous avons à ce titre attiré l'attention depuis plus de dix ans sur l'inconsistance des études qui prétendent le contraire.

 

Nous nous sommes en cela conformés aux intentions des fondateurs de notre association qui étaient de rassembler les arguments scientifiques qui montrent l'intérêt pour la collectivité, mais aussi pour les individus, de comportements conformes au bien commun.

 

Tel fut le cas pour nos premiers travaux sur la prévention du Sida qui ont montré les limites, et les risques, maintenant reconnus, d'une politique fondée sur le seul préservatif.

 

Dans le cas de l'homoparentalité, nous avons assumé la traduction en français des travaux critiques du Dr Sharon Quick et de l'étude du Pr Mark Regnerus représentative du développement des jeunes adultes américains en fonction du type de foyer où ils ont été élevés.

 

Nous allons redoubler d'efforts dans ce domaine pour enrichir notre documentation et faire la synthèse des informations disponibles sur ces « familles » qui ont la préférence du ministre de la famille.

 

La remise à plat de la fiscalité annoncée par M. Ayrault loin de favoriser des « regroupements familiaux », pour faire face aux difficultés de l'heure accentuera la dispersion des familles, en accroissant l'emprise d'un Etat omnipotent.

 

Ignorer la famille en tant que réalité économique conduira aux mêmes échecs que ceux du dirigisme

 

Les « progrès » de l'économie soviétique étaient enseignés dans nos écoles de sciences politiques jusqu'à ce qu'elle s'écroule. Il en sera de même des succès obtenus à ce jour par ceux qui rêvent de détruire la famille. Il dépend de chacun de nous que ce soit le plus vite possible.

 

C'est pourquoi nous allons développer nos travaux sur l'économie familiale. Vous pouvez contribuer à cette action en nous apportant votre soutien financier, mais aussi en contribuant dans la mesure de vos possibilités à ces travaux (études, traductions, diffusion, etc.). Nous comptons sur vous !  

 

 

Le délégué général,

 Philippe Gorre

 

Hollande Ier : Moi, dictateur... ?

Quand on a un air de petit fonctionnaire provincial et rondouillard, on ne peut inspirer la frayeur. Dictateur, lui ? Totalitaire, la pente du gouvernement ? Mais, vous rigolez ! Et pourtant, les signes inquiétants se multiplient qui annoncent un étranglement en douceur du Peuple Français. On peut, en effet, attendre d’un pouvoir qu’il se consacre au Bien Commun, qu’il se considère comme au service du pays, même si c’est avec l’intention de garder encore sa confiance. Lorsque celle-ci s’efface devant la contrainte, le régime devient une dictature et même une tyrannie. Mais beaucoup de régimes non-démocratiques ne sont pas des « dictatures ». Ils se contentent de régner sur une partie de la population suffisante pour garder le pouvoir à travers un parti, grâce à une idéologie, et en faisant preuve d’habileté tactique. La France vit une telle évolution, sans en avoir trop conscience. Il suffit pour s’en assurer de se poser la question cruciale : quelle est la logique cachée de l’amateurisme gouvernemental ?

Depuis plus d’un an, maintenant, les Français se font embarquer dans une série de manœuvres politiques qui présentent le même aspect : on insiste davantage sur l’accessoire que sur l’essentiel ; on ne trouve aucune réponse pérenne aux vraies questions ; on multiplie les mesures qui malmènent le Bien Commun mais qui apportent des électeurs ou divisent l’opposition. Ce jeu malsain est facilité par la nullité profonde de la dite opposition davantage préoccupée par les appétits qui s’y développent que par l’intérêt supérieur du pays. La seule différence entre le PS et l’UMP, c’est la dose d’ambition personnelle, plus grande chez la seconde où le parti et l’idéologie ne sont que des façades.

Un pouvoir dont le seul objet est son maintien trahit à l’évidence le but de la politique. Car la gauche française est idéologique : le point de jonction entre sa stratégie et ses idées passe par un calcul proche de celui des Démocrates américains : faire une majorité en additionnant les minorités et justifier cette manœuvre en déclinant toutes les formes de discrimination positive et de démolition systématique des valeurs conservatrices sur lesquelles s’appuyait la majorité sociologique du pays. La famille, massacrée par l’exemple, la fiscalité et la promotion de couples sans finalité familiale, la Nation, dont on nie l’identité et dont on défigure l’histoire sous les coups d’une absurde repentance, le christianisme, qu’on voudrait interdire jusque dans les écoles qu’il a fondées sont les victimes de cette dictature sournoise. Son champ d’action privilégié est l’Ecole. Pour Peillon, il s’agit d’arracher l’enfant à son déterminisme familial, de le soumettre à l’absurde idéologie du genre, de changer les mentalités, bref d’éduquer l’enfant quand on ne demande à l’Etat que d’enseigner. La lecture d’Hannah Arendt est éclairante : dans la « Crise de l’Education », celle qui a si bien su analyser la genèse du Totalitarisme nous met en garde.  » Le conservatisme est l’essence même de l’éducation » nous dit-elle, car il s’agit de protéger l’enfant et de sauvegarder cette sphère privée indispensable à son équilibre. Ceux qui veulent l’en arracher disent assez dans quelle tradition ils se situent.

Christian Vanneste

RETRAITES : LA REFORME DU DEVIN PLOMBIER.

Johnny est-il venu à la rescousse du gouvernement, en mode subliminal ? A 70 ans, il a, une fois encore, rempli Bercy et fait chavirer ses fans. Le conducteur de TGV, sans doute fatigué par sa grève de jeudi, peut encore espérer cultiver son jardin ou louer un appartement au Maroc pendant 18 ans avant d’atteindre l’âge de l’Idole des jeunes du baby-boom. Revoilà donc la question des retraites. Selon une habitude plus ancrée à gauche qu’à « droite », mais qu’en fait, tous les gouvernements utilisent, on a  fait appel à un  expert censé éclairer les « professionnels » de la politique. L’expert a pondu un rapport. La publication de celui-ci permet d’évaluer les risques de la réforme proposée en conclusion de l’étude, et le gouvernement peut enterrer partiellement ou totalement les propositions. Il peut également en tirer des mesures que l’expertise justifiera : bon moyen d’exercer le pouvoir en atténuant sa responsabilité. L’habileté consistera ensuite à prétendre, la main sur le cœur, être contraint de suivre certaines recommandations en raison de la pression de la conjoncture, mais en s’interdisant d’obéir à toutes par respect pour des principes aussi nobles que la justice sociale et l’effort équitablement partagé.

Dans une tradition typiquement française, la réforme sera comptable, compliquée et partielle. Le manque de courage des politiciens français leur fait toujours préférer l’expédient des chiffres à la solution structurelle adaptée à la gravité du problème. Leur duplicité coutumière privilégie le puzzle des modifications composites au changement décisif qui ne manquerait pas de conduire à des grèves et à des manifestations propres à un pays où l’agitation stérile a, de tous temps, pris le pas sur le dialogue social avec des syndicats responsables dont l’absence se fait cruellement ressentir. Leur courte vue, jusqu’aux prochaines élections, les incline aux petits pas qui ne leur permettent évidemment pas de rattraper le temps perdu. Le gouvernement rose-vert va donc devoir procéder à une réforme qu’il n’avait nullement annoncée. Il va justifier ce revirement par la crise et le creusement de déficits que son prédécesseur n’avait pas anticipé. Que la gauche, totalement irresponsable et démagogue, se soit constamment opposée aux réformes des retraites sera rappelé par la « droite », qui aura du mal à contredire un discours qui reprendra en partie le sien. Car l’opposition actuelle a, certes, réformé, elle, mais par petites touches, avec la tactique du « salami ». 1993, Balladur, dans l’urgence, augmente la durée de cotisation du secteur privé. 2003, Fillon étend ce principe à la fonction publique et prévoit l’augmentation progressive du nombre de trimestres pour tendre à l’équilibre. 2007, sous Sarkozy, Bertrand s’attaque aux régimes spéciaux sur le mur desquels, Juppé s’était fracassé. Les compensations sont tellement nombreuses qu’elles grignotent en douce l’apparente victoire claironnée. 2010, Woerth, comme Fillon plus tôt, fait voter les mesures comptables qui permettaient de tenir jusqu’en 2017. Ayrault sait que, sans nouvelle mesure, il manquera 7 milliards en 2020.

Mais le Devin Plombier hollandais possède une boîte à outils magique d’où il va sortir un assortiment de solutions conformes à la devise Shadock : «  pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? « Il y aura d’abord, comme d’habitude, des prélèvements supplémentaires, comme une hausse du taux de CSG pour les retraités aisés. Entre seuils et plafonds qui multiplient l’opacité et l’inégalité, les retraités qui auront le mieux préparé leur départ de la vie active seront conviés à faire preuve de solidarité. De même, ceux qui par le nombre de leurs enfants auront contribué aux cotisations d’aujourd’hui. Pourra s’y ajouter une hausse des cotisations salariales et patronales. Côté dépenses, les pensions, notamment pour les retraités aisés, augmenteront moins que l’inflation. Si l’âge légal du départ en retraite ne sera pas modifié, la durée de cotisation pourra croître jusqu’à 44 ans pour la génération née en 1966 qui ne prendra sa retraite qu’en 2028. Ce bouquet n’embaume pas, il enfume : il évite les sujets qui fâchent, notamment ceux qui peuvent le plus mettre le gouvernement en difficulté, comme l’âge légal, qui ne sera plus qu’un vestige symbolique, une borne témoin que l’immense majorité des travailleurs du privé observera en passant. De même, il n’est nullement question d’aligner le calcul des pensions du public sur celles du privé ni de mettre fin aux privilèges exorbitants de certains régimes spéciaux. La hausse des cotisations comme la baisse des prestations porteront atteinte à la compétitivité et à la consommation, voire à l’épargne, c’est à dire aux moteurs de l’économie pour combler les conséquences de la mauvaise gestion publique : dans un pays structurellement socialiste, quoi d’étonnant ? Les dindons des classes moyennes iront rejoindre les pigeons et les poussins dans la grande foule des plumés. Comment espérer faire partager le goût de l’effort et de la réussite à un peuple auquel on répète chaque jour que la richesse ou même l’aisance sont des péchés qu’il faut se faire pardonner ?

La solution courageuse existe. Elle a été mise en œuvre en Suède avec les Comptes Notionnels … en 1998 ! Elle repose sur l’égalité, sur la liberté (tiens ?) et sur la simplicité. Il n’y a plus de statut de la fonction publique. Tous les Suédois peuvent prendre leur retraite à 61 ans. Ils font alors leur choix en fonction de leur situation familiale et professionnelle, en se basant sur le nombre de points accumulés durant leurs années de travail. Ces points varient selon deux indices : le salaire moyen et l’espérance de vie. C’est un système fondé très majoritairement sur la répartition (7/8èmes) qui permet à chacun de prendre sa décision en toute transparence et à l’ensemble de s’adapter automatiquement à la conjoncture. Lors du débat de 2010, c’est la solution que j’avais préconisée, en y ajoutant une variable, celle d’un troisième indice, selon l’espérance de vie par profession, afin de tenir compte de la pénibilité. La Suède, pays où les sociaux-démocrates et les libéraux ont alterné au pouvoir, a eu le courage de procéder à une réforme structurelle décisive, soutenue par les uns comme par les autres. Que la France n’en soit pas capable et que nos gouvernants demandent aux Français de pomper en permanence comme les Shadocks sans savoir où ils vont n’est pas très glorieux, ni même rassurant.

Christian Vanneste

LA VIOLENCE, SYMPTÔME DU VIDE !

La violence est un symptôme. Soit elle est le signe du déséquilibre qui atteint des individus dans une société saine, soit elle est l’expression d’un malaise dans la civilisation. Il faudrait espérer que le meurtre d’un militant d’extrême gauche par des skinheads appartienne davantage à la première catégorie qu’à la seconde. Les tentatives de récupération politique et les amalgames odieux pratiqués par certains, les Bergé et autres Placé, sont assez misérables à l’égard  d’un drame qui touche avant tout un jeune homme et sa famille. Lorsque de prétendues opinions ne sont que des prétextes à la provocation et à la violence, on quitte le domaine de la politique pour celui de la pathologie. Si des groupes facilitent cette dérive, ils sont connus des services de police. Il convient donc d’empêcher leur existence et leur développement. Il est malheureusement à craindre que certains, à gauche comme à droite, ne songent parfois à les utiliser, ne serait-ce que pour entacher les actions de l’adversaire. Pour avoir participé aux défilés et rassemblements de la Manif pour Tous, je peux affirmer que les participants, leurs slogans et l’ambiance n’avaient rien de violent ni d’extrémiste. Même les manifestations spontanées comme celle du 25 Mai au soir, sur les Champs Elysées tenaient davantage du chahut étudiant que de l’émeute. Que des groupes plus agressifs se soient manifestés, après la fin des cortèges, est au contraire la preuve que les organisateurs les avaient tenus à distance. Les discours tenus par le pouvoir pour tenter d’assimiler ces débordements à l’immense protestation soulevée par la loi Taubira ne peuvent que susciter des craintes sur l’éventualité de manipulations. En revanche, la répression policière a souvent été disproportionnée. Que des jeunes soient interpellés uniquement pour le port d’un T-shirt est tout simplement scandaleux. Que des personnes inoffensives soient bousculées ou aspergées de gaz lacrymogène est inacceptable. La garde-à-vue a été davantage appliquée contre ces manifestants pacifiques que contre les loubards du Trocadéro.

Surtout, la grande différence qui sépare les contestations de droite de celles de gauche est que les premières ne s’accompagnent pas de grèves ni de blocage. Ce ne sont que des moyens d’expression parfaitement légaux et non des rapports de force qui tenteraient d’imposer leurs revendications par les perturbations provoquées. La comparaison entre la loi sur la dénaturation du mariage et le CPE de 2006 est éclairante : le gouvernement de « droite » avait reculé après des manifestations qui avaient pris un tour violent, des grèves et des occupations illégales comme celle de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales. Cette manière de légitimer le rapport de force, comme l’a fait encore récemment le Rapporteur de la loi Taubira au Sénat, est infiniment grave car elle porte atteinte à ce qu’est l’Etat de Droit. Des avocats ont dû aller délivrer des jeunes retenus arbitrairement par la police au mépris de cet Etat de Droit. L’étymologie est parfois révélatrice : Droite n’est que le féminin de Droit, et gauche, synonyme de maladroit, se dit dans les langues plus proches du latin, « sinistre ». Les électeurs qui ramènent périodiquement cette catastrophe au pouvoir devraient y songer.

La mort d’une victime de la violence est insupportable. Ce matin, on apprenait qu’à nouveau un homme, le huitième depuis le début de l’année, avait été assassiné à Marseille. A Toulouse, un automobiliste n’a pas hésité à faucher délibérément des policiers. Ces évènements hélas trop fréquents ne vont pas émouvoir l’opinion. Pourtant, ils appartiennent, eux, non à la pathologie individuelle, mais à celle qui touche en profondeur la société entière. Que des villes, des quartiers échappent à la loi et installent un Etat de Force rejoint les idées confuses qui doivent germer dans le cerveau des Skinheads : la violence, la loi du plus fort s’imposent. Lutter contre la violence, ce cancer de la démocratie, c’est le même combat à mener sans paraître donner plus d’importance à telle forme qu’à telle autre par opportunisme politique. Mais pour le gagner, la société ne doit pas se contenter de la répression policière et judiciaire. Elle doit aussi créer les conditions d’une vie sociale où la personne trouve son épanouissement en exerçant un métier, en fondant une famille, en assumant sa liberté mais sans perdre de vue que son destin est lié à celui de la Nation dont elle est le citoyen. Parmi les erreurs commises, en l’occurrence par un Président de « droite », l’abandon du service militaire a mis fin à un rite d’initiation salutaire entre la jeunesse et l’âge adulte, celui où l’on fonde un foyer, et où on entre dans la vie active après avoir fait le bilan de ses compétences, et avoir appris un certain nombre de valeurs collectives sans lesquelles la liberté n’est que l’ère du vide.

Christian Vanneste