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La France a aussi besoin de "familles riches"

On entend souvent deux objections aussi fermes qu’opposées à la poursuite d’une politique familiale universelle:

  • Pour les uns, il est choquant d’aider les familles aisées car elles n’en ont nul besoin et l’on ferait mieux de leur retirer (le peu des) aides qu’elles perçoivent pour les attribuer à ceux qui en ont  vraiment  besoin, les familles pauvres.

  • Pour les autres, la politique familiale est complètement contreproductive. Dire qu’elle représente un investissement assurant, par le renouvellement démographique, de futurs cotisants aux retraites, n’est qu’un leurre. En effet, disent-ils, les prestations servent en majeure partie à assister beaucoup de familles pauvres et donc, très faiblement contributives en termes d’impôts et cotisations. Que ce soit aujourd’hui ou demain, puisque, comme on le sait « l’ascenseur social ne fonctionne plus » : les enfants des pauvres d’aujourd’hui seront les pauvres de demain, assistés aujourd’hui, assistés demain. C’est un autre problème.

Tel est le double discours !

 En ce qui concerne la première objection, nous ne pouvons que renvoyer le lecteur aux études qui montrent que la naissance de chaque enfant vient abaisser sensiblement, même après les aides, le niveau de vie de chaque famille, toutes couches sociales confondues[1]. Si bien que beaucoup de familles dites « riches » ne le sont plus dès lors qu’elles ont plusieurs enfants à élever.                                                                                                                                         On peut lire aussi l’article sur le quotient familial paru dans la dernière Lettre (n°78) de Famille et Liberté http://www.familleliberte.org/index.php/accueil/acctualites/222-le-quotient-familial-un-grand-diviseur . Le QF n’est ni une aide, ni un avantage. C’est seulement le moyen mathématique de rétablir l’égalité devant l’impôt entre ceux qui ont charge d’enfants et ceux qui n’en ont pas.    


Quant à la deuxième objection, elle est un argument de plus pour attirer l’attention sur ceci : plus on convertira la politique familiale en politique sociale, c’est-à-dire, plus on subordonnera les aides aux plafonds de ressources pour accroître inversement l’aide aux familles non imposables, plus la soi-disant politique familiale encouragera de facto la natalité dans les couches de population assistées, voire mal intégrées à la France, tandis que les classes moyennes ou aisées auront de moins en moins d’enfant. Or ce sont elles qui cotisent et cotiseront le plus et qui créent le plus d’emplois.

Les allocations, ou mesures d’équité fiscale dont ne bénéficieront pas les familles des classes « aisées », profiteront à des familles dont, pour certaines, et dans l’état actuel des choses, on perpétuera l’assistanat parce qu’elles n’auront de cesse de s’évertuer à ne surtout pas gagner plus que les seuils instaurés. Les familles seront peut-être alors pour la nation, en termes économiques, plus une charge qu’une richesse, comme on l’entend trop souvent.

Et d’ailleurs, n’oublions pas que nous sommes toujours les riches de quelqu’un. Si on commence à cibler une tranche, les gouvernants toujours dépensiers et à la recherche d’argent élargiront les personnes ciblées et progressivement les allocations ne seront réservées qu’à une seule catégorie de personnes. C’est ce qui est en train d’arriver tout doucement, à force de remettre en cause, une mesure après l’autre, l’universalité de la politique familiale. Déjà la moitié des aides aux familles, en masse monétaire, est attribuée sous conditions de ressources. Il ne reste pratiquement plus que les allocations familiales proprement dites qui sont encore –pour combien de temps ?- universelles…


Il est donc important d’encourager et d’aider à la constitution de familles, et pourquoi pas, de familles nombreuses, indistinctement dans toutes les couches de population sans en exclure aucune.[2]  Ceci a un nom : la politique familiale universelle.

                                                                                                          Claire de Gatellier



[2] Si l’on veut élargir la réflexion, on peut lire le livre de Jean-Philippe Delsol : A quoi servent les riches ? Ed. Lattès 2012 - Prix Renaissance de l’économie 2013.