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Qu'est-ce qui pousse les jeunes au Djihad?

claire de gattelierMadame, Monsieur et chers amis,

  

Les traditionnels échanges de vœux ont eu, en ce début d’année, un petit goût de désenchantement, comme si l’on doutait pouvoir encore oser souhaiter une « bonne année » dans un pays où il semble qu’on ne maîtrise plus rien, de la montée de l’Islam à celle de la courbe du chômage, de la soumission à la pensée unique à la paupérisation croissante des familles.

 

Face au coup de semonce tragique de « Charlie » nos élites se réfugient dans des incantations, espérant conjurer ce qu’elles croient être un mauvais sort, incapables semble-t-il hélas, de remonter aux causes et de comprendre ce qui se passe.  Désemparées, elles pensent conjurer le mal à coup de formules magiques : « Liberté d’expression ! Liberté d’expression ! » et « Laïcité ! ».

 

Laissons de côté le fait que la liberté d’expression n’a pas attendu le Djihad pour être réservée à quelques-uns et que la laïcité en France, idée chrétienne devenue folle pour reprendre la formule de Chesterton, n’est que la mise en place d’une nouvelle religion de l’aveu même de nos gouvernants[1].

 

Posons-nous simplement la question élémentaire qui s’impose : Pourquoi tant d’hommes jeunes, nourris et élevés en France au lait de « l’école de la République », n’ont-ils rien de mieux à faire que le Djihad ? Bien sûr il y a les préceptes du Coran, le fleurissement des mosquées, la contamination des prisons, l’argent du Daesh, la banalisation de la violence à travers les écrans – télévision, jeux vidéos et réseaux sociaux tous confondus- le peu de prix accordé à la vie humaine lorsqu’elle est gênante, etc.

 

Mais comment toutes ces causes secondaires ont-elles pu faire le lit du Djihad dans notre France, comme d’ailleurs dans le reste de notre monde vieillissant ? N’est-ce pas parce que nous n’avons pas su (pas voulu ?) offrir à tous ces jeunes un idéal, une foi, des certitudes, des exigences, un sentiment d’appartenance...

 

Comment imaginer un seul instant que des garçons, délaissés par l’école qui fait la part belle aux jeunes filles[2], discriminés à l’embauche par rapport aux femmes, suspectés comme pères et comme maris d’être des tyrans ou des machos, n’aillent pas voir ailleurs ce qui s’y passe ? Surtout si cet ailleurs propose une foi, une loi, une discipline, des exigences, un appel au don de soi jusqu’au sacrifice.

 

Que voulez-vous que pèse la France avec son dégoût de soi-même entretenu par ses repentances, ses états d’âme et le rejet de tout ce qui la constitue ?

 

Et que dire du mariage pour tous, dissolution suprême de l’identité et repoussoir absolu pour les musulmans.

 

Et maintenant résonne plus que jamais à nos oreilles l’avertissement de Paul-François Paoli[3] sur notre société féminisée, « plus doucereuse qu’heureuse » : nous risquons de nous laisser dévorer tout cru par ceux-là qui envient peut-être notre puissance technique et scientifique mais qui méprisent souverainement notre monde qui se croit encore «civilisé».

 

 

Les effets du rabaissement du rôle du père

 

Pour en rester à notre domaine de la famille, comment ne pas voir les effets du rabaissement du rôle de l’homme, du père, du chef.

 

De la toute-puissance sans doute excessive à laquelle il était habitué dans la culture musulmane, l’homme se retrouve, en France, systématiquement suspecté et rabaissé. Des renoncements successifs à son statut de chef de famille[4] et à ses droits de père (parcours du combattant des droits de visite), jusqu’au « partage obligatoire des tâches familiales », aux enfants qu’on n’a plus le droit de fesser et à la parité dans les entreprises, tout est organisé et planifié dans l’esprit d’une discrimination anti-homme.

 

N’avons-nous pas tendance â discréditer les vertus, peut-être plus typiquement masculines, comme la force, l’autorité, le courage, le sens de l’honneur, en n’y voyant que violence, domination, témérité, orgueil... Certains garçons peuvent se sentir rejetés, incompris, dévalorisés, inadaptés au monde si bien qu’ils jugeront que c’est le monde qui est inadapté et qu’il faut le détruire.

 

Pour éviter que nos enfants ou demain nos petits-enfants ne partent au Djihad, rien ne vaut un père et une mère, unis et distincts dans leur complémentarité, donnant le modèle de la soumission dans l’amour, le sens du respect de l’autre et de la hiérarchie, donnant un sens aux frustrations, au lieu de les éviter à leurs chers petits surprotégés, les encourageant au dépassement d’eux-mêmes, au prix de multiples petits renoncements, pour les faire s’émerveiller et tendre vers un idéal, un but à atteindre, qui viendra couronner leurs efforts.

 

Il est quand même curieux que ce soit la civilisation chrétienne, c’est-à-dire fondée sur la figure du Père, qui ait perdu le sens de la paternité.

 

L’association Famille et Liberté, grâce à ceux qui la soutiennent, continue inlassablement à démontrer et approfondir comment l’institution familiale est le meilleur rempart contre à la fois l’individualisme et le fanatisme, la précarité et la déshérence de la jeunesse. Une institution où chacun a sa place et sa fonction propre, le père, la mère et chacun des enfants, et bien sûr aussi les grands-parents et autres oncles et tantes comme le souligne si bien Fabrice Hadjadj[5]. Famille et Liberté continuera à dénoncer sans relâche les coups de boutoir ou les chausse-trappes dont est victime la famille et à promouvoir des solutions réalistes et équitables pour qu’elle retrouve la place qui lui est due dans la société.

 

Par nos études, nos publications, nos réseaux à travers toute l’Europe, un partenariat avec une fondation américaine pour les droits de l’enfant, et avec votre aide, nous nous efforçons de faire en sorte que les vœux pieux de début d’année ne soient pas des formules vaines. Il y va de l’avenir de nos enfants et petits-enfants.

 

Claire de Gatellier

 



[1] Claude Bartolone, déclarait le 18 janvier, en tant que président de l’Assemblée nationale : « Il y a une religion suprême pour chacun d’entre nous, c’est la religion de la République. »  

[2] Lire l’article « Mais où sont passés les garçons ? »   ainsi que les ouvrages et articles de Jean-Louis Auduc.

[3] Paul-François Paoli : La Tyrannie de la faiblesse- La féminisation du monde ou l’éclipse du guerrier.  François Bourin éditeur

[4] Loi du 4 juin 1970 puis du 23 décembre 1985

[5] Fabrice Hadjadj : Qu’est-ce qu’une famille.  Ed. Salvator