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Mea culpa

J’ai été interrogé par l’express.fr à propos de la polémique soulevée par Marine Le Pen sur le livre écrit, voici quatre ans, par Frédéric Mitterrand, la mauvaise vie. Je me suis contenté de rappeler ma position : le soutien apporté par le Ministre de la Culture à Roman Polanski n’est pas acceptable dans la mesure où il remet en cause une décision de justice touchant un abus sexuel que nous ne cessons de punir avec davantage de sévérité dans notre propre pays. Il a, à mes yeux, plus agi en porte-parole du microcosme médatico-mondain qu’en Ministre de

la République. J’ai ajouté dans ma réponse à l’Express que les écrits ou les comportements de Monsieur Mitterrand en dehors de son rôle de Ministre ne me concernaient pas.J’ai malheureusement lu depuis le livre de Frédéric Mitterrand et je suis atterré. Certes, les penchants évoqués peuvent faire penser à André Gide, mais celui-ci n’a jamais été Ministre. Ce qui me gène davantage dans cet ouvrage, c’est une certaine tendance impénitente au narcissisme (le “fantasme de l’avoir complètement pour moi“) et une conception mercantile et utilitaire des “éphèbes” qui est proprement révoltante (”la profusion de garçons très attrayants et immédiatement disponibles… et je peux enfin choisir…”). Il faut bien reconnaitre qu’une telle conception des rapports avec autrui est assez peu compatible avec la fonction d’un Ministre qui doit consister à servir les autres, et à les considérer avant tout comme des personnes. Frédéric Mitterrand devrait y réfléchir.

Christian Vanneste