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POUR HOLLANDE, LA FAMILLE, VOICI L'ENNEMIE

La tempête souffle et l’esquif gouvernemental est désemparé. A force d’accumuler les taxes, y compris celles de ses prédécesseurs, alors qu’il a annulé d’autres mesures comme la défiscalisation des heures supplémentaires, le pouvoir a créé une vague de mécontentement qui le conduira inévitablement à un désastre aux municipales et au départ du Premier ministre, après, ou peut-être avant. C’est un vent de révolte qui secoue le pays. On le voit en Bretagne par la violence des affrontements entre forces de l’ordre et manifestants. On l’entend dans les propos des personnes interrogées où se mêlent de  la colère et un certain mépris envers l’incompétence ou la déloyauté de ceux qui prétendent les diriger. « Quand les peuples cessent d’estimer, ils cessent d’obéir » écrivait Rivarol. Or, on serait bien en peine de trouver une seule raison de respecter un exécutif qui accumule les mauvais résultats et multiplie les ordres et les contrordres avec un amateurisme consternant. « Il n’est pas de vent favorable pour celui qui ne sait où il va » disait Sénèque. La question se pose de savoir si le pouvoir actuel a le moindre objectif clair capable de donner une cohérence à son action.

La réponse est, hélas, affligeante. Si l’on passe en revue les décisions prises et les actions entreprises jusqu’à leur terme, le seul fil conducteur qui subsiste, comme une sorte d’aveu d’un inconscient lourdement chargé, c’est une attitude systématiquement hostile à la Famille. Récemment encore la proposition faite à Leonarda de revenir en France sans sa famille montrait que la vie familiale était pour François Hollande un détail négligeable. La curieuse situation du « couple » élyséen qui installe dans les faits ce qui n’a, au plan politique, aucun degré de légitimité affiche le même mépris pour la famille traditionnelle. Chacun avait compris que la reconnaissance « officielle » du couple présidentiel n’avait de sens que si celui-ci était exemplaire de la cellule familiale. L’hypocrisie de Mitterrand était, à cet égard, un hommage du vice à la vertu. Si quelqu’un invoque l’évolution des modes pour justifier l’étrangeté actuelle, on pourra répondre que la mode d’une prétendue « première dame » peut aussi se démoder. Quand on veut résumer le bilan de 18 mois de pouvoir et chercher une réforme d’importance, là encore, on tombe sur le mariage unisexe, lequel est une absurdité anthropologique qui intéresse peu de monde, mais qui donne aux adversaires de la famille traditionnelle la joie incommensurable d’en détruire le fondement. La brutalité de la répression des opposants sous la responsabilité de Valls comparée à la force déployée dans d’autres occasions trahissait bien la morgue du pouvoir à l’encontre des défenseurs de la famille. On peut encore souligner l’arrogance du ministre de l’Education Nationale qui prétend donner pour mission à celle-ci « d’arracher l’enfant au déterminisme familial », en inscrivant, par exemple,  dans les programmes les préjugés idéologiques chers aux socialistes comme la « théorie du genre » et autres fadaises.

Mais, parmi les improvisations fiscales apparemment ciblées sur les « riches » et souvent l’objet de reculades spectaculaires, une ligne antifamiliale se dessine sur laquelle le pouvoir ne revient qu’avec réticence. La France avait mis en place en 1945 une politique familiale innovante et exemplaire qui n’avait jamais été remise en cause et pouvait être invoquée pour expliquer l’exception démographique française. Sa philosophie reposait sur l’idée que cette politique n’était pas inscrite dans un souci de redistribution sociale mais était résolument familialiste et nataliste et jouissait à ce titre de l’autonomie. Il n’aurait pas été absurde qu’elle bénéficiât d’une préférence nationale et fût financée par la solidarité des impôts plutôt que par les charges pesant sur le travail. Ce second point était l’objet de la TVA sociale abandonnée, comme par hasard, par la majorité de gauche. En revanche, celle-ci détricote assez méthodiquement la spécificité de la politique familiale. L’idée constamment évoquée par nos gouvernants d’exclure de son bénéfice les ménages situés au-dessus d’un certain seuil, soit pour boucher les trous  du budget, soit pour aider les plus modestes, est une trahison de l’esprit de cette politique qui voulait qu’un enfant en plus, dans un ménage disposant d’un certain niveau de ressources, ne le pénalise pas, par rapport à un foyer comparable par ses revenus mais ayant moins d’enfants à charge. Le déficit de 2,5 Milliards de la branche famille est fictif. Les comptes devraient se rééquilibrer mécaniquement entre 2016 et 2019. C’est la ponction créée arbitrairement par l’Etat pour financer par le biais de la CNAF les majorations de retraite des parents de trois enfants et plus qui l’a creusé. En revanche, l’abaissement du plafond du quotient familial de 2000 à 1500 Euros va toucher 13% des foyers fiscaux soit 1 300 000 ménages qui appartiennent essentiellement aux classes moyennes. La suppression de l’avantage fiscal lié aux frais de scolarité a été abandonnée de justesse à l’Assemblée par une majorité aux abois et paniquée par l’impopularité gouvernementale. Certes les mesures inscrites dans le budget pour l’année 2014 sont en deçà du plan en quatre points annoncé parle Premier ministre au printemps dernier : Quotient familial, Prestation d’Accueil du Jeune Enfant, Congé parental et Frais de scolarité, mais la cohérence était pour une fois présente et consistait dans une réintégration de la politique familiale dans la politique sociale. Ce gouvernement est clairement par son idéologie un adversaire de la famille et de la liberté qu’elle abrite.

Christian Vanneste