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Le don du sang par les homosexuels

 

L’affaire du sang contaminé serait-elle oubliée ? Le ministre de la santé a annoncé, le 17 mars, que le questionnaire préalable au don du sang, qui permet d’exclure les personnes homosexuelles de sexe masculin, sera modifié si le Comité consultatif national d’éthique rend un avis dans ce sens.

 

Le Monde[1] indique que si la proportion d’hommes séropositifs est 65 fois plus élevée chez les homosexuels que chez les hétérosexuels, ce rapport est de 200 pour les nouvelles contaminations, donc de plus en plus fort.

 

Il ajoute - est-ce pour nous rassurer ? – que le risque actuel de contamination par transfusion sanguine est estimé à 1 pour 3 millions de transfusions, par l’Institut de veille sanitaire. Il oublie de préciser que si l’InVS estime bien ce risque à 1 sur 3 millions (précisément, 1 sur 2 900 000 pour la période 2008-2010) il aurait été de 1 sur 5,7 millions, c’est-à-dire deux fois moindre, sans les homosexuels devenus donneurs en dissimulant leur orientation sexuelle[2].

 

Plus grave encore, Le Monde n’indique pas que l’InVS a estimé en 2012 qu’une nouvelle stratégie consistant à n'exclure que les HSH[3] multipartenaires au cours des 12 derniers mois se traduirait par un risque global de transmission du VIH compris entre 1 sur 3 500 000 et 1 sur 700 000 dons. (quatre fois plus élevé que le risque actuel).

 

Les extrémités de cette fourchette correspondent, dans le premier cas à une  réduction de 17% du risque, dans le second à sa multiplication par 4,1. Les auteurs n’indiquent pas sur quelles hypothèses ils ont construit leur modèle, mais ils préviennent que «  Modifier la mesure actuelle d'ajournement des HSH peut augmenter le risque de transmission du VIH par transfusion » et ajoutent que «  des études qualitatives devraient être mises en œuvre pour évaluer les motivations des HSH qui donnent actuellement leur sang, malgré la mesure d'ajournement, ainsi que les changements possibles de leur observance d'une nouvelle stratégie ».

 

Quand Marisol Touraine déclare : « il ne serait pas acceptable que l’orientation sexuelle soit perçue comme un critère d’exclusion », elle commet à la fois une erreur et une faute.

 

Une erreur, car ce n’est pas l’orientation sexuelle qui conduit à exclure les HSH du don du sang, mais leur contagiosité. La preuve en est que les femmes homosexuelles ne sont pas exclues, à juste titre, puisque le tribadisme est une pratique infiniment moins contagieuse que les relations hétérosexuelles.

 

Une faute, car son rôle de ministre de la santé est de prendre les mesures limitant les risques de contagion sur des bases scientifiques, et non de pratiquer le retour à l’obscurantisme de la médecine du moyen âge.

 

Le mot inacceptable, employé à tout bout de champ, aux niveaux les plus élevés, par les responsables de la sécurité dans notre pays, n’impressionne pas plus les virus que les terroristes.[4]

 

Philippe Gorre

 

PS : si vous souhaitez faire part de votre point de vue sur cette question à un parlementaire :

Assemblée nationale : http://www.assemblee-nationale.fr/qui/

Sénat : http://www.senat.fr/elus.html