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Faut-il tuer la poule aux œufs d’or ?

Les caisses de retraite complémentaire, L’AGIRC et l’ARRCO, cherchent comment se sortir du déficit grandissant de leur caisse.  L’une des pistes proposées par le Medef est de baisser la pension de réversion du conjoint survivant.

Soit  la pension de réversion ne bougerait pas mais à la condition d’une réduction de la pension du titulaire. Soit, si le titulaire  veut toucher sa pension pleine, et à sa mort, la pension de réversion pour le conjoint survivant, qui était jusqu’alors de 60%, ne serait plus que de 30%.

Qui en fera les frais ? Les femmes qui ne se sont pas elles-mêmes constitué une retraite suffisante, c’est-à-dire, en priorité, les mères de famille. On sait qu’un certain nombre de femmes délaissent leur carrière pour mettre au monde et ensuite élever des enfants. Ceux-là même qui plus tard cotiseront à leur tour pour renflouer les caisses de retraite.

Le ratio de dépendance, c’est-à-dire le rapport entre retraités et « actifs », qui était de 2,5 actifs pour un retraité en 1970 est tombé à 1,7 en 2011. Les projections avancent pour 2030 le chiffre de 1 retraité à la charge d’ 1 actif  (1,35 actifs selon les sources les plus optimistes, et en-dessous de 1 selon les plus pessimistes). Ceci en intégrant les réformes récentes et l’apport de l’immigration.

A vouloir rendre les femmes rentables, on les stérilise

 

Selon la DREES, la pension de droit direct des femmes est 40% inférieure à celle des hommes (967€ au lieu de 1610€). En partie compensée par la réversion et le minimum vieillesse, cet écart se réduit pour l’instant à 26%.

Que les femmes soient acculées à penser avant tout à se constituer une retraite, et le taux de fécondité s’en ressentira. Peut-être les retraites coûteront-elles un peu moins cher aujourd’hui, mais l’argent rentrera aussi moins dans les caisses pour les financer demain.

Le COR a établi que la diminution de l’indice de fécondité de 0,2 point, c’est 29 Md€ en moins dans le budget de l’assurance vieillesse. Selon L’UNAF, cette mesure d’économies de courte vue se doublera d’un coût faramineux pour les retraites à l’avenir

Toute mesure ayant pour conséquence de baisser le taux de fécondité aura aussi,  à terme, celle de creuser  le déficit des caisses de retraite et de faire peser plus lourdement encore sur les actifs le poids des cotisations. Mais il est vrai qu’alors, les « responsables » ne seront plus au pouvoir.

C’est ce que Jean de La Fontaine appelait  Tuer la poule aux œufs d’or.

 

 

Claire de Gatellier